Livre de bord

Ça ne s’invente pas: dimanche 25 mars 2018 au matin, parmi les centaines de bateaux de commerce aperçus tandis que Fleur de Passion s’éloignait de Singapour après deux semaines d’escale, il s’en est trouvé un au nom de circonstances que le hasard avait placé à portée de vue: le « MAGELLAN », gigantesque porte-containers de la compagnie française CMA-CGM en pleine opérations de chargement-décharchement dans la zone portuaire de la partie occidentale de l’île-Etat. Le hasard était même doublement piquant que ce bateau appartienne à cette compagnie de transport maritime en particulier. Celle-ci est en effet basée à Marseille non loin du port autonome, le lieu même où on démarré les travaux de restauration de Fleur de Passion en 2003…

En ce dimanche matin, donc, après s’être extrait avec prudence de la masse des porte-containers, pétroliers, vraquiers, et autres transporteurs de véhicules les uns à quai, les autres au mouillage, les autres encore en mouvement, Fleur de Passion a mis le cap sur l’île indonésienne de Batam, à quelques heures à peine de navigation, pour y faire les formalités d’entrée en Indonésie.

Temps brouillé comme à l’arrivée douze jours plus tôt, le 13 mars. Rapide crachin même. Et une nouvelle étape vient de commencer dans le sillage… de Magellan!

Toujours cette même touffeur tropicale à Singapour et un nouvel équipage a fini de prendre le relais du précédent: Pere notre skipper espagnol a remplacé Pietro qui était à la barre depuis Puerto Galera aux Philippines, Yffick le bosco a remplacé JJ, un autre breton… Et Inès a repris du service comme cheffe de quart et coordinatrice scientifique à la place de Candy. Une nouvelle dessinatrice est à bord, Cécile Koepfli, la douzième participante au programme culturel Dans le miroir de Magellan depuis le départ de Séville, et nos cinq passagers sont arrivés, de Suisse mais aussi de Jakarta: Azadée, Marie-Claire, Jean-Claude, Michael et Shaun.

Autour de la table du carré, ainsi Pere a-t-t-il pu procéder au rituel briefing d’avant départ, cartes marines déployées de cette toute petite partie de l’Indonésie entre Singapour et Jakarta, où l’arrivée est prévue le 2 avril.

Singapour a beau être le plus gros port de commerce du monde, on n’y trouve pas pour autant un voilier apte à intervenir sur une voile de grande taille. L’équipage a pourtant sollicité les ressources locales sur la base de conseils avisés, rien n’y a fait: les voiliers d’ici savent y faire avec des objets de petite taille mais ont semblé démunis face aux 110m2 de la grand voile de Fleur de Passion et celle-ci n’a pas pu être réparée malgré l’intervention bénigne nécessaire. Elle a donc dû être remise à poste pour que la répartition puisse se faire en Indonésie, et Yffick le bosco ainsi qu’Inès la cheffe de quart et le mousse Pierrick se sont attelés à la manoeuvre la veille du départ.