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Ils sont quatre adolescents de la région du Cap qui n’en reviennent pas de l’expérience qui s’ouvre à eux. Deux filles et deux garçons de 16-17 ans - Caitlin, Zainabo, Kyle et Phumelela - et leur accompagnateur Edward qui viennent d’embarquer sur Fleur de Passion à Knysna en cette fin novembre 2018 pour une courte semaine de navigation vers Mosselbay. Comment se sont-ils retrouvés à bord de ce voilier suisse, eux qui n’ont jamais navigué? Ils ont tout simplement remporté le concours organisé cet automne dans les établissements scolaires de la région par CapeNature, une organisation gouvernementale chargée de l'entretien des zones sauvages et des réserves naturelles de la province du Cap occidental. Un projet qui bénéficie du soutien de l’ambassade de Suisse à Pretoria.

Le concours s’adressait à des jeunes férus de science et plutôt intéressés par la biologie marine. L’objectif étant de leur permettre de prendre part à The Ocean Mapping Expedition et de vivre de l’intérieur, et même de participer, au volet scientifique de l’expédition sous la conduite de l’équipage.

Au-delà, le projet se voulait résolument emprunt de cet esprit de rencontre et de partage qui caractérise l’expédition, puisque l’occasion leur serait également donnée de rencontrer et d’échanger avec les deux jeunes mousses suisses du bord, Noé et Valentin, sur Fleur de Passion depuis Maputo dans le cadre du programme Jeunes en mer. 

En leur compagnie, un cinquième sud-africain a également embarqué à Knysna: le dessinateur Anton Kannenmayer, alias Joe Dog, une des sommités de la bande dessinée dans son pays et bien au-delà, on y reviendra…

On leur souhaite à tous une très chaleureuse bienvenue à bord et bon vent pour ces quelques jours qui resteront gravés dans leur mémoire. Et on adresse nos plus vifs remerciements à CapeNature et à l'ambassade pour s'être joints à l'aventure qui a rendu possible l'embarquement de nos quatre nouveaux mousses sud-africains.

L’intérêt que représente Fleur de Passion et l’expédition d’un point de vue scientifique et environnemental ne se dément pas. Ainsi le Dr David Glassom de l’Université ZwaZulu-Natal à Durban a-t-il embarqué depuis mercredi 14 novembre dans le cadre d’un nouveau programme portant sur l’analyse des débris plastiques comme vecteurs de migration pour les alvins à l’heure de la globalisation.

En résumé, explique le chercheur, « le fait que les débris de toutes sortes flottant à la surface des océans soient des vecteurs de migration sur de longues distances pour toute une palette d’organismes vivants s’y fixent est bien établi. Le phénomène est en revanche bien moins connu en ce qui concerne les poissons du fait du peu d’informations à ce sujet. Les jeunes poissons (alvins) sont connus pour trouver refuge sous des débris plastiques et de nombreuses espèces ont ainsi été recensées au large de Durban simplement en utilisant une épuisette. »

« Le périmètre d’expansion de ces espèces est déjà évident du fait de la hausse de la température des eaux de surface causée par le réchauffement climatique, poursuit le Dr Glassom. Et les migrations pourraient être facilitées par le la disponibilité de ces débris à la fois en tant qu’abris mais aussi comme source pour se nourrir grâce au biofilm (micro-organismes de type bactéries, champions, algues ou protozoaires) se formant sur ces plastiques. »

Le projet du chercheur à bord de Fleur de Passion consiste ainsi à essayer de collecter des débris plastiques flottant à la surface et que le voilier croiserait sur sa route vers le sud le long de la côte sud-africaine. Les petits poissons qui seraient trouvés seraient mesurés, pesés et disséqués pour y examiner la présence éventuelle de particules plastiques.

Tout a commencé par une rencontre à bord en octobre, peu après l’arrivé du voilier à Durban et un séminaire sur la santé environnementale auquel l’expédition a participé. Autour de la table du carré par un samedi pluvieux, froid et qui breton, l’échange en compagnie de Yaiza, la coordinatrice scientifique du bord, a très vite convaincu David d’embarquer pour mener jusqu’à Knysna une campagne d’échantillonnage dans le cadre de ses recherches. Rendez-vous a été pris pour le 12 novembre, au terme des quatre semaines de chantier de maintenance qui viennent de s’achever.

A bord, le scientifique va non seulement procéder à ses échantillonnages, il va aussi briefer l’équipage sur le protocole de prélèvement et d’analyse, de sorte que ceux-si se poursuivent jusqu’au Cap en décembre. Voire au-delà en 2019 lors de la remontée de l’Atlantique selon l’intérêt que cela représente.

Pour en lire plus en anglais et en zulu: http://ndabaonline.ukzn.ac.za/UkzndabaStory/isizulu/UKZN%20Marine%20Biologist%20Joins%20Swiss%20Ocean%20Mapping%20Expedition%20to%20Assess%20State%20of%20World’s%20Oceans.../

La scène se passe en ce début d’octobre 2018 à Richards Bay, premier mouillage sud-africain pour Fleur de Passion. Autour de la table du carré ont pris place les adultes du bord: Pere le skipper, reconnaissable à sa calotte sur la tête, Khaled le second et ses lunettes dans ses dreads, Yaiza la coordinatrice scientifique et son mug à maté immanquablement posé devant elle (comme Pere…), Victor le quatrième membre d’équipage de cette navigation qui a commencé pour eux à Tulear, à Madagascar; et à gauche sur le dessin, Sandrine l’éducatrice du programme Jeune en mer.

Le moment est solennel, on se doute qu’il se dit des choses importantes qui ont peut-être rapport avec les trois mousses du bord, Noé, Valentin et Loïc, qu’il faut imaginer on ne sait où sur le bateau à ce moment-là, peut-être tout simplement dans leur cabine à l’avant.

Et celle qui saisit cette scène saisissante d’intensité dramatique, c’est donc Katharina Kreil, illustratrice genevoise et graveuse qui à l’arrivée à Durban quelques jours plus tard organisera d’ailleurs un atelier de cet art subtil à l’attention de l’équipage, jeunes compris.

Moment suspendu comme il s’en vit souvent à bord avant un départ ou lors d’une arrivée, à quai ou au mouillage, plus rarement en navigation quand il faut quand même que l’équipe de quart soit à la barre, quoique les jeunes une fois briefé savent y faire.

A l’invitation du Club de voile de l’institution, lundi 5 novembre 2018, The Ocean Mapping Expedition a eu le plaisir d’effectuer une présentation au sein de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), à Meyrin près de Genève.

Contexte oblige et en présence d’une trentaine de participants essentiellement anglophones, le film historique sur Fleur de Passion a été projeté en introduction, suivi de l’épisode 5 - « Un vent de changement » - de la série documentaire sur l’expédition, avant que le Prof Daniel McGinnis de l’Université de Genève ne mette plus spécifiquement l’accent sur le programme The Winds of Change de monitoring des gaz à effet de serre à la surface des océans.

Merci encore au club de voile du CERN pour son accueil. Et au plaisir d’accueillir ses membres à bord pour poursuivre l’aventure!

De sa « résidence » à bord de Fleur de Passion aux Moluques, les fameuses îles aux épices objet de la quête de Magellan, en novembre 2017, et plus encore de ses plongées dans les eaux indonésiennes, l’artiste Mirjana Farkas a rapporté plusieurs carnets remplis de dessins de fonds marins. L’illustratrice genevoise s’est inspirée de l’extraordinaire richesse de ce fragile univers pour réaliser des aquarelles actuellement exposées au Forum de Meyrin dans le cadre de l’exposition « La fabrique du monde ». Jusqu’au 2 février 2019, l’événement grand publique et en accès libre regroupe une vingtaine d’artistes internationaux invités à « s’approprier la cartographie » et à proposer des « cartes uniques, sensibles ou virtuelles » sous forme de dessins, gravures, illustrations, installations, peintures, photographies et vidéos.

Plus d’informations pratiques sur : http://meyrinculture.ch/evenement/la-fabrique-du-monde

Et pour retrouver quelques-unes des "déambulations épicées" de Mirjana réalisées dans le cadre du tour du monde de Fleur de Passion, cliquez ici, ou pour visionner l’épisode 4 de la série documentaire sur l’expédition.