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Tandis que The Ocean Mapping Expedition a quitté les Philippines courant février 2018 et que Fleur de Passion fait route vers Singapore, il est plus que temps de partager quelques-uns des dessins réalisés à bord par la dernière illustratrice en date à avoir embarqué dans le cadre du programme culturel Dans le miroir de Magellan: Maurane Mazars, représentante de la jeune garde de la BD genevoise - elle a été lauréate 2015 du Prix pour la Jeune Bande Dessinée du Canton de Genève, entre autres récompenses - et qui partage aujourd’hui son temps entre le bout du lac et Strasbourg.

C’est toute fin décembre 2017, à Mactan, que Maurane a embarqué pour deux semaines de navigation dans les Visayas, la région centrale de l’archipel. D’abord vers le sud en direction de Dumaguette, puis vers Leyte à l’est, et surtout Limasawa, l’île sur laquelle Magellan posa un premier pied dans l’archipel. Et y célébra une première messe aussi, « accessoirement »…

Dans des compositions façon triptyques ou polyptyques mêlant dessin et aquarelle, elle déploie une palette de cartes postales explorant quelques-unes des facettes marines et végétales d’un pays aux sept mille îles.

Visitez le site de Maurane Mazars: http://www.mauranemazars.com

Chose promise chose due… Lors de la soirée de finissage de l’exposition « Notre île aux épices » à la Bibliothèque de la Cité de Genève, le 1er février 2018, deux ados genevois ayant embarqué sur Fleur de Passion dans le cadre du programme socio-éducatif Jeunes en mer en partenariat avec l’association Pacifique, Manon et Leandro, avaient accepté de dire façon slam leur témoignage. Les voici, de petites perles venues des tripes et du coeur, qui ont ému les dizaines d’invités présents ce soir-là.

Le slam de Leandro F.

« Toi, grande barque qui m’a fait craquer

Qui résiste à tous les grains

Tous les dangers que tu as nargués

Ne t’ont pas détourné du chemin

 

Ta silhouette teintée de bleu

Illuminée par le soleil

Fend les puissantes vagues en deux

Faisant de toi une merveille

 

Toi qui le souffle m’as coupé

Puis qui m’as appris la mer

Sur toi j’ai pu me reposer

Pour me reconstruire sur terre

 

Toi, mon Sensei, Fleur de Passion

Qui m’a guidée vers la vie

Tu m’as enseigné la passion

Et m’as délivré des soucis

 

Tous ces noms, quelle galère

Ces cordes, oh pardon ces boutes

Et tout ce vocabulaire

Artimon ? Voile, plus de doute

 

Moi qui ai vécu sur ton pont

Avant que la vie m’en arrache

Mes pensées restent sur ce pont

Parce que la mer ça t’arrache »

***

Le slam de Manon W.

« Je ne sais dire combien de temps est passé 

2 jours ou 8 ans , tout étais leger 

Même ces bouts qu'on a tirés 

Et ces voiles qu'on a hissé 

 

J'ai compris l'importante d'une bonne équipe 

Lors de manoeuvres ou la.moindre erreur pique 

Ou lors de moments magiques 

Qui étaient bien mieux partagés

 

Je ne crois pas avoir plus appris qu'ici

Sur la voile, la navigation et meme la vie 

Je ne sais comment exprimer qu'ici

Je me sens légère et sans soucis 

 

Et on peut tous couler 

Écrasé par la pression 

D'une vie qu'on ne sais pas gérer 

Ou qui nous rend malheureux 

 

J'ai découvert sur fleur de passion 

Toi , qui malgré tout subis les conditions 

Que peu importe ce qui peut se passer a terre 

Je ne serais jamais aussi bien qu'en mer »

 

Après cinq mois au coeur de Genève depuis septembre 2017, l’exposition consacrée à l’expédition accueillie par la Bibliothèque de la Cité s’est achevée sur une note à la fois slamée, on y reviendra, mais aussi très dessinée, jeudi 1er février 2018 lors d’une soirée de finissage très conviviale. Parmi les désormais onze dessinateurs et dessinatrices qui ont embarqué sur Fleur de Passion depuis le départ de Séville, quatre d’entre eux - Matthieu Berthod, Peggy Adam, Alex Baladi et Mirjana Farkas - avaient été mandatés pour une performance originale: habiller de leur création imaginée sur le vif certains des panneaux de l’exposition, recouverts pour la circonstance d’une longue bande de papier calque. Chacun a commencé dans son coin, puis est allé apporté sa touche sur le panneau de l’autre. Résultat, un bestiaire marin des plus stupéfiants!

Ultime rappel, c'est ce jeudi 1er février de 18h30 à 20h30 qu'a lieu la soirée de finissage de l'exposition "Notre île aux épices" à la Bibliothèque de la Cité. Ambiance musicale expérimentale avec les compositions live de DJ POL qui mixera de sons de mer. Ambiance slam et témoignage aussi avec Manon et Leandro qui exprimeront en des mots qui claquent ce qu'ils ont vécu à bord de Fleur de Passion dans le cadre du programme Jeunes en mer. A ne pas manquer!

Quelle aventure! Samedi 20 janvier 2018 au matin, Fleur de Passion a conclu de manière spectaculaire ses quatre semaines d’escales à Cebu/Mactan. Aux petites heures du jour, insigne privilège, le bateau a pris part à la parade navale qui marque le début du Sinulog, commémoration locale monstre de l’arrivée du christianisme dans l’archipel. Au menu, ferveur, encore ferveur et toujours ferveur, mais aussi musique, chants, danse et… très grosse cohue sur l’eau! Pas besoin de longs discours à ce sujet, les photos sont éloquentes. Quelques précisions tout de même…

Dans la nuit de vendredi à samedi, premier bateau étranger à prendre part à l’événement, le voilier a quitté son mouillage au nord-ouest de Mactan et entrepris de contourner l’île par l’est pour rejoindre la zone de regroupement qui lui était assignée par les organisateurs: parmi la flottille des gros bateaux, ferries, remorqueurs et même quelques unités de la Marine philippines. Dans la nuit noire avaient déjà pris place à bord des musiciens et une danseuse obligeamment dépêchés à bord par la municipalité de Lapu-Lapu. Qu’elle soit ici remerciée pour cette initiative qui a ajouté un surcroit de couleur et de rythme sur le pont en mode déjà passablement festif et pavoisé - aux couleurs de la Suisse.

Puis à l’approche de Cebu par le sud, très lentement pour ne pas risquer la mauvaise rencontre avec les minuscules pirogues de pêcheurs (in)visiblement peu concernés par l’événement, Fleur de Passion s’est frayé un chemin avec une infinie prudence tandis qu’en zodiac, une dizaine de passagers supplémentaires étaient transférés à bord par petits groupes: le numéro 2 et le chargé des affaires diplomatiques de l’ambassades de Suisse à Manille, deux bloggers descendus eux aussi de la capitale pour la circonstance, une équipe télé, quelques autres passagers et… deux représentants des Gardes-Côtes philippins chargés de veiller que tout se passe bien à bord.

Progressivement le jour s’est levé, faisant apparaître sur l’eau l’entier - en fait presque…- des acteurs de la parade: en plus des bateaux précédemment cités, des dizaines de bankas - ces longues et fines pirogues à doubles balanciers - pavoisées et surchargées de passagers tout aussi colorés, et surtout chantant et dansant tandis qu’à la proue se relaye une personne brandissant et faisant virevolter dans les airs une statuette du Santo Niño. Le Sinulog commémore en effet le cadeau remis en avril 1521 par Magellan au roi de Cebu et à son épouse en gage de leur conversion au christianisme: une statuette de l’enfant Jésus.

Muni de la sienne fixée sur le roof - cadeau de l’ambassadeur de Suisse aux Philippines lors de l’arrivée du bateau à Cebu en décembre 2017 -, avec ses propres musiciens et « danseuse » et décoré de tout ce qu’il était possible d’accrocher de grand pavois, drapeaux suisses et des cantons helvétiques, Fleur de Passion s’est donc mêlé à la fête. Toujours prudemment, l’équipage a cherché sa place derrière le bateau ouvrant la procession, celui sur lequel un Santo Niño allait ensuite avoir le privilège de descendre à terre et d’y être accueilli par des foules en liesse tout le long d’un parcours mettant la ville en état de siège: de 1  2 millions diront les médias locaux…

Et quand la procession a fait demi-tour à l’approche du premier pont reliant Cebu à Mactan, selon la boucle prévue, des dizaines et des dizaines de bankas supplémentaires jusque-là contenues par les organisateurs de l’autre côté dudit pont ont déferlé comme une nuée d’insectes aquatiques pour se positionner au plus proche du bateau de tête. Extraordinaire mêlée en dehors de laquelle Fleur de Passion a vite essayé de se maintenir pour minimiser les risques de collision. Que d’émotions!

Ainsi, à l’occasion du Sinulog 2018, s’est achevée l’escale de quatre semaines à Cebu/Mactan. Une escale mémorable en des lieux chargés d’une histoire portant la marque très forte d’un homme, Magellan. Que toutes celles et ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à son succès soient ici chaleureusement remerciés.

Ce dimanche 21 janvier 2018, le voilier a repris le large en direction de Puerto Galera, toujours aux Philippines, puis redescendra courant février-mars en direction de Brunei, Kuching, Singapour, Jakarta… A la barre, Amélie, secondée par Camille et Stephen, les marins. A bord, les mousses Manon Jonas rejoints depuis trois jours par Pierrick, et l’éducateur Kader. Et deux passagers, Elisabeth et Daniel.