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Retrouvez l'expédition lors de son passage en direct dans l'émission scientifique CQFD de la RTS la 1ère, jeudi 6 avril 2017, et découvrez plus en détails les enjeux de la Grande Barrière de corail et en quoi consistera plus particulièrement la mission de Fleur de Passion sur cet environnement en péril. Cliquez ici pour écouter l'émission

Merci à toute l'équipe de CQFD, qui suit The Ocean Mapping Expedition depuis son départ de Séville il y a bientôt 2 ans.

Départ sans précipitation de Brisbane pour The Ocean Mapping Expedition, dans la nuit du 27 au 28 mars 2017. Un violent cyclone était sur le point de toucher les côtes du Queensland, plus au nord, obligeant l’équipage à temporiser quelques jours avant d’entamer sa remontée vers la Grande Barrière de corail. De toute façon, rendez-vous était pris à Stradbroke Island, dans la Baie de Moreton, pour un briefing avec les membres de CoralWatch et permettre ainsi à l’équipage de Fleur de Passion de maîtriser le protocole d’observation de la santé des coraux développé par ce projet de science citoyenne basé à l’Université du Queensland.

Plus qu’un briefing, ce véritable atelier théorique et pratique s’est déroulé en trois temps: dans les locaux de la Station de Recherche de Moreton Bay toute proche, Justin Marshall, le chef de ce projet basé à l’Université du Queensland, a tout d’abord fait une présentation générale de la problématique corallienne et du phénomène du blanchiment. Puis l’équipage ainsi qu’une dizaine de volontaires de CoralWatch se sont retrouvés à bord pour un briefing technique délivré par Diana Kleine, l’autre responsable du projet. Puis, par équipe de deux, tout ce petit monde s’est retrouvé dans l’eau munis du matériel d’observation ad hoc pour une mise en pratique « on site » sur un récif tout proche.

Verdict, pour les plus novices: apprendre à distinguer le corail d’autres organismes, végétaux ceux-là, qui y ressemblent mais n’en sont pas. Pour le reste, l’équipage est désormais fin prêt à apporter sa contribution à la vaste base de données alimentées par tous les volontaires qui souscrivent au projet CoralWatch, en Australie mais aussi dans plus de 70 pays à travers le monde.

Un voilier suisse sur la Grande Barrière de corail australienne. Deux pays aux antipodes l’un de l’autre, la Suisse et l’Australie, qui conjuguent leurs efforts et leur vision des enjeux environnementaux à travers leur société civile respective pour oeuvrer ensemble en faveur d’un patrimoine universel en péril. Telle est « l’aventure dans l’aventure » qui va commencer le 28 mars prochain depuis Brisbane. Nous vous présentions le premier, en partenariat avec le projet CoralWatch sur l’observation des coraux. Place au second. 

Ce programme qui s’étalera sur une période d’un mois entre avril et mai, sera mené en partenariat avec l’Université du Queensland sur une zone spécifique de 400 kilomètres de la Grande Barrière de corail entre Townsville et Cooktown. Sous la conduite du Dr Chris Roelfsema du Remote Sensing Research Centre (RSRC), plusieurs équipes de volontaires se succéderont à bord pour effectuer une cartographie de récifs coralliens dans le cadre d’un projet conjoint plus large regroupant, outre UQ, plusieurs autres instituts de recherche australiens: The Australian Institute for Marine Science (AIMS), The Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO), James Cook University et The Great Barrier Reef Marine Park authority (GBRMPA).

« A ce jour, il n’existe pas de cartographie globale de la Grande Barrière de corail et de son habitat qui décrirait sa géomorphologie ou la composition benthique, explique le Dr Chris Roelfsema. Une telle cartographie fournirait pourtant des informations de très grande valeur pour monitorer et gérer certains phénomènes tels que le blanchiment des coraux, le programme d’éradication de l’Acanthaster pourpre (Nrld: une étoile de mer endémique qui détruit le corail), la délimitation des réserves marines, par exemple. Elle n’a pas pu être produite faute de ressources et d’une approche appropriée pour cartographier les quelques 3000 massifs coralliens qui composent la Grande Barrière de corail et dont a plupart sont immergés », poursuit le chercheur.

Il ajoute: « Grace au soutien de la Fondation pour la Grande Barrière de corail, le RSRC est actuellement à la tête du projet visant précisément à créer cette cartographie globale combinant images de terrain et satellite, modélisation et autres relevés. Une étude pilote a permis de tester cette approche à Capricorn and Bunker Group en 2016 et la méthodologie est désormais opérationnelle pour être mise en oeuvre sur 200 massifs coralliens dans une région allant de Cairns à Cooktown. Elle sera la première de son genre à être mise en oeuvre sur une distance de plusieurs centaines de kilomètres et sur autant de massifs coralliens et produira une cartographie non seulement géomorphologie et benthiques mais portant aussi sur le niveau de l’océan, la climatologie marine de chaque massif de faible profondeur de la Grande Barrière. »

Pour Chris Roelfsema, « la présence de Fleur de Passion sur la Grande Barrière de corail dans le cadre de The Ocean Mapping Expedition arrive au bon moment dans la mesure où elle constitue une occasion unique de collecter des données de terrain de 15-20 massifs et de valider la cartographie de 200 massifs de cette région. Cette collaboration entre un voilier suisse et le RSRC, avec le soutien de l’ambassade de Suisse en Australie, est un message clair quant à l’intérêt international pour la conservation du plus grand massif corallien au monde », se réjouit-il.

Pour en savoir plus sur le RSRC: https://www.rsrc.org.au/