Livre de bord

Nous y voilà: un nouvel équipage a rejoint le bord mi-septembre 2017 et c’est désormais ce groupe de neuf marins, mousses, passager et même musicienne, toujours aussi mixte dans sa composition, qui va conduire l’expédition jusqu’aux Moluques, les fameuses îles aux épices au coeur de la quête de Magellan. Pour l’heure, depuis Rabaul, le bateau longe la côte nord de la Papouasie-Nouvelle Guinée en direction de l’ouest et de l’Indonésie.
26 sept 2017, Luf Island, Hermit Islands, 01°30.59'S 145°04.75’E
Equipage à bord: Pietro (skipper), JJ (second), Candy (cheffe de quart), Jérôme (dive master), Tamara (éducatrice), Manon (mousse), Tim (mousse), Aurélie (musicienne), Zacharie (passager).
Le nouvel équipage est arrivé sur Fleur de Passion à Kokopo après 31h de voyage le 16 septembre 2017, le jour de l'indépendance de la Papouasie-Nouvelle Guinée ! Trop épuisés et découragés par la pluie battant qui s’abat sur la ville, nous n'irons pas observer les festivités locales à Rabaul.
Durant deux jours, nous travaillons activement avec l'équipage sortant pour faire la passation du bateau et effectuer l'avitaillement tout en essayant de nous habituer à l'humidité et la chaleur environnante.
Le 19 au matin, nous déposons Péré, Yffig et Yaiza à terre et appareillons pour de nouvelles aventures ! Vingt minutes après avoir levé l’ancre, nous voilà à la voile (GV, yankee et trinquette) cap à l'ouest avec une moyenne de 6 noeuds sur une mer peu agitée.
Après avoir longé l'île de la Nouvelle Irlande, nous empruntons le passage « Albatross » pour nous faufiler dans le dédale des îles situées à l'ouest de Kavieng. Nous passerons la nuit du 20 au 21 septembre devant Manne au milieu de mangroves. Pas de baignade, donc, pour cause de crocodiles potentiels…
Le 21, nous partons tôt en direction de la grande île New Hanover. Une fois au nord-ouest de d’île, nous en cherchons une plus petite où mouiller l’ancre, et ça sera Ungalabu. Assez vite, des locaux juchés sur de petites pirogues viennent à notre rencontre et Pietro et Jérôme se rendent bientôt à terre rencontrer le chef de l'île. S'en suit une visite de l’île pour l’équipage, du bateau pour les habitants, quelques tentatives de manoeuvres de pirogue pour Zacharie, Tim et Jérôme, et échanges d’aliments selon les coutumes locales. Le lendemain, les écoliers viennent à bord visioner les films de l'expédition et s’initier à hisser la trinquette. Beaux échanges entre tous, quelques échanges et du troc, nous voici vraiment au bout du monde! 
Nous ne passerons qu'une nuit au large d'Ungalabu car l'archipel de Hermit Islands fait de l'oeil au skipper. Dès lors, le 22 septembre à midi nous levons l'ancre et mettons le cap à l’ouest. Nous naviguons durant trois jours et deux nuits au lieu des trois nuits prévues. Le vent est avec nous et nous avançons à 6 noeuds en moyenne les deux premiers jours. Après avoir essuyé un grain bien « sympa », du genre de ceux qui vous rappellent qui commande en mer - force 7 à 5h du matin -, nous avons un bon force 5 jusqu'à notre arrivée à Luf Island protégée par un récif le 24 septembre à 15h.
Vous aviez rêver de naviguer à bord de Fleur de Passion en Asie du sud-est, à Madagascar ou en Afrique du sud? Pour celles et ceux d’entre vous qui attendiez ce moment, le calendrier des navigations 2018 est désormais en ligne sur la page Embarquez (http://omexpedition.ch/index.php/fr/embarquez) de l’expédition. Retrouvez-y le détail des possibilités de vous joindre à The Ocean Mapping Expedition en tant qu’équipier à part entière selon des modalités simples et très bon accessibles: acquittement d’une cotisation de membre (80.- chf) auprès de l’association Pacifique (pour des raisons légales d’assurance) et de 120.- chf par jour à bord (60.- chf pour les enfants de moins de 16 ans), ce tarif comprenant le logement en cabine double et les repas. A noter que quelques places sont encore disponibles à bord d’ici cette fin d’année 2017 de Sorong (Moluques) à Manado (3 places) puis de Manado à Cebu aux Philippines (2 places). Pour toute demande d’information complémentaire, merci de contacter Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

A l’ancre à Noro, près de l’île New Georgia aux Salomon, le skipper Péré raconte le stress que représente le fait de naviguer dans des eaux encore peu cartographiées, mais aussi le bonheur que procure le sentiment corollaire de remonter le temps et de voyager à l’ancienne.

« Depuis notre arrivée aux îles Salomon, le 19 juillet, nous avons fait des navigations côtières en permanence. Le paysage est magnifique. Sous la surface, des eaux très coralliennes et partout, de petites îles luxuriantes qui s’offrent à nos regards émerveillés.

Nous avons effectué notre premier arrêt à Emu Bay, sur l’île Ranongga, où nous avons passé une nuit avant de poursuivre jusqu’à Gizo, la deuxième île la plus grande de l’archipel, pour y effectuer les formalités d’entrée dans le pays et procéder à un avitaillement. La ville de Gizo elle-même, bien que la deuxième en taille des Salomon, n’est pas très grande mais nous y avons trouvé tout ce dont nous avions besoin.

Depuis Gizo, nous avons poursuivi vers l’île Loga, située à l’intérieure du lagon de Gizo, puis vers Vohohe Cove sur l’île de Kolombongara. Vohohe est une crique très bien protégée où habite une petite communauté avec laquelle nous avons eu des échanges très sympas. Kolombongara, pour sa part, est une île presque toute ronde couverte d’arbres et dominée par un volcan heureusement inactif caché par les nuages la plupart du temps, ce qui donne une atmosphère très particulière au lieu, un petit air de mystère et d’exploration.

A ce propos… Toutes ces contrées, ces îles et îlots rencontrés, sont d’une grande beauté mais en tant que skipper, mon problème a cependant été qu’elles demeurent très peu ou mal cartographiées, ce qui rend la navigation à la voile un peu stressante. Mais en même temps, c’est ce qui donne l’impression de remonter le temps et de renouer avec une époque où, en absence de cartes, tout était encore à explorer et à découvrir.

Un peu à l’image de l’expédition de Magellan lorsqu’elle cherchait désespérément les îles aux épices en mer de Sulu, au sud des Philippines, et comptait pour se faire sur des pilotes locaux, nous avons nous-mêmes eu recours à un guide local pour franchir sans encombre la passe du lagon de Vonanvona. Rina Billy, c’est son nom, nous a ainsi montré le chemin depuis le bout-dehors, d’où il se repérait en fonction notamment de la couleur de l’eau. En profitant de son savoir, et avec l’aide aussi l’un des membres d’équipage perché en hauteur sur les barres de flèche pour avertir des récifs, nous avons ainsi visité des endroits qu’il aurait été difficile, si ce n’est impossible, de découvrir autrement avec un voilier comme Fleur de Passion.

En ce qui concerne la météo, nous sommes dans la saison des Alizées. Les vents soufflent la plupart du temps du sud-est. Nous avons un peu de soleil à peu près tous les jours, des nuages et de la pluie bien que ce soit quasiment la fin de la saison des pluies.

En ce 4 août 2017, nous prévoyons de quitter Noro en direction de l’île Santa Isabel. »